C’est qui qui décide ? Toi ou ton enfant ?

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Ma fille ne dormait pas, enfin très, TRÈS peu. Elle n’a jamais fait de vraie sieste (plus de 10 minutes) avant l’adolescence. Véridique ! En fait, elle ne supportait pas d’être seule. Elle avait besoin d’être avec ses parents, d’être entourée, d’être touchée, d’être en contact physiquement pour être apaisée. Avec nous elle était très éveillée, contente et souriante. Seule, elle pleurait.

Pour tenir, nous avons rapidement fait le cododo sans même savoir qu’il y avait un nom pour cela. À l’époque on l’appelait le lit familial et il a changé ma vie !

Quand un an plus tard j’attendais notre deuxième enfant, je me disais : Ouf, cette fois-ci je sais au moins à quoi m’attendre et comment m’y prendre.  Entre-temps j’étais devenue animatrice accréditée à la Leche League et étais très active dans notre groupe, entourée de nombreux parents. Je me sentais prête.

 

On prend le même et on recommence, non???

Et voilà qu’arrive notre fils. Le même papa, la même maman. Deux ans après sa sœur, il lui ressemblait comme deux gouttes d’eau… mais juste physiquement. En réalité, c’était une tout autre personne avec une tout autre personnalité. Il n’a rien fait comme sa sœur et j’étais complètement déboussolée et partie pour redécouvrir la maternité comme si c’était la première fois. Oui, la première fois avec lui !

Chaque enfant est en effet unique et a ses propres besoins. Et cela ne suit pas forcément les normes culturelles, qui elles, diffèrent d’un pays à l’autre. Ça fout le bazar dans les familles ! Maman suédoise et papa français, ça ne devrait pas être si différent quand même ! Non seulement on vient du même continent, on vient tous les deux de l’Europe. Ha, pauvre innocente ! Quand je me suis installée en France j’ai cru être sur une autre planète tellement tout était différent. Disons que nous avions l’impression d’être des extra-terrestres à cause de notre manière inhabituelle de vivre avec nos enfants. Et nous avons largement utilisé l’excuse “Elle est suédoise, donc voilà…!” Nous avions assez de devoir justifier notre choix de ne pas laisser pleurer nos enfants. Nous avions bien conscience de combien notre choix de vie dérangeait l’entourage qui se sentait souvent mis à défaut. Nous en avions marre d’être accusés de laxisme et manque de rigueur alors le joker suédois nous a bien servi !

 

“Laisse le donc pleurer un peu”

Un enfant ne pleure pas “pour rien”. Pleurer n’est pas un caprice. Il pleure pour exprimer quelque chose, ses besoins, ses peurs, des douleurs, la faim, la fatigue, etc. C’est sa manière de communiquer. De nombreux parents pensent que puisqu’il s’arrête quand je le prends dans mes bras, c’est qu’il me manipule et veux juste arriver à ses fins, c’est-à-dire être porté, m’empêcher de vaquer à mes occupations. Mais leurs cerveaux ne sont pas capables de ce genre de construction mentale. Les recherches en neuroscience affective et sociale nous le démontrent. 1 L’enfant ne sait pas s’apaiser tout seul. Il ne sait pas se contrôler. Quand il pleure, il est stressé. Voilà pourquoi il ne sert à rien d’attendre 5, 10, 15 minutes avant de s’en occuper. Soit il finira par se renfermer, soit il deviendra très en colère et va pleurer encore plus fort étant encore plus stressé et insécurisé.

Le petit enfant, de la naissance à 5 ans, ne peut pas contrôler ses émotions. Son cerveau supérieur, qui permet de prendre du recul, d’analyser la situation, n’est pas encore mature.
Catherine Gueguen 1

L’enfant a autant besoin de nous la nuit que le jour. Il est évidemment compliqué de gérer le réveil nocturne lorsque les deux parents travaillent et que le congé de maternité/paternité est relativement court. Il est primordial de chercher de l’aide, de se reposer dès que possible et de réduire le mieux possible les autres obligations familiales et sociales pendant les premières années de l’enfant.

 

“Plus tu le prends, plus il demandera”

Soyez rassurés  parents qui ne laissent pas pleurer,  parents qui pratiquent le cododo, parents qui portent leurs enfants. Non, vous ne le gâtez pas. Non, il ne va pas devenir un tyran. Non, vous n’êtes pas l’esclave de votre petit.

Vous répondez tout simplement aux besoins profonds de votre enfant et vous l’aidez à grandir. Laissez votre enfant vous guider. Écoutez-le et déculpabilisez-vous. Vous faites ce qu’il y a de mieux pour votre enfant en ne le laissant pas pleurer. Même si cela dérange fortement votre environnement. Pour l’instant, c’est votre bébé qui décide.

Lena

 

1 Dr. Catherine Gueguen : “Vivre heureux avec son enfant – Un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives” Editions Robert Laffon 2015

 

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One thought on “C’est qui qui décide ? Toi ou ton enfant ?

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. LE cododo a changé notre vie. Nous avons enfin pu dormir! La vie est plus simple en s’endormant avec nos enfants. Nous nous endormons sous l’effet des hormones du bonheur, les bébés sont apaisés, les parents détendus ( fini les problèmes de coucher), les nuits plus longues et le lien avec notre enfant est renforcé! Personnellement j’ai connu le cododo avec mon 2ème enfant et cela a largement simplifié ma vie! Merci pour cet article!

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